La croissance du poulain est une période critique car déterminante pour sa santé à long terme. Entre la naissance et l’âge de trois ans, son organisme construit l’ensemble des structures qui vont conditionner la solidité de son squelette, cartilages, muscles, tendons et ligaments. Cette période repose sur des besoins nutritionnels élevés et très spécifiques. Lorsqu’ils ne sont pas correctement couverts, les conséquences peuvent être lourdes et durables pour le cheval en devenir.
La sous-nutrition du poulain est particulièrement problématique car elle est souvent silencieuse.
Un jeune cheval peut sembler en bon état corporel, grandir en taille et ne présenter aucun signe clinique évident. Pourtant, des carences importantes peuvent s’installer et fragiliser progressivement l’appareil locomoteur. Ces déséquilibres ne se révèlent parfois que plusieurs années plus tard, au moment de la mise au travail ou à l’âge adulte, sous forme de troubles articulaires, de boiteries ou de pathologies chroniques.
La sous-nutrition correspond à un déséquilibre entre les apports alimentaires et les besoins physiologiques réels de l’animal. Chez le poulain, ces besoins sont particulièrement élevés car l’organisme doit simultanément assurer l’entretien des fonctions vitales et la construction des tissus.
Il est essentiel de comprendre que la sous-nutrition ne se limite pas à un manque de calories.
Ainsi, un poulain peut être en sous-nutrition sans être maigre. L’absence de signes visibles précoces est la raison pour laquelle certaines carences passent inaperçues pendant une grande partie de la croissance.
Passons en revue les besoins nutritionnels indispensables du poulain pour mieux comprendre leur importance dans son développement.
L’énergie est nécessaire pour couvrir les dépenses métaboliques et permettre la croissance. Elle est un socle indispensable, mais elle ne garantit pas une croissance de qualité. Un apport énergétique seul permet au poulain de grandir en taille, mais n’assure pas la solidité des structures osseuses et articulaires.
Une ration mal équilibrée peut conduire à une croissance rapide mais fragile. C’est particulièrement vrai, lorsque l’énergie n’est pas accompagnée des nutriments nécessaires à la construction des tissus.
Les protéines sont indispensables à la formation des muscles, mais aussi à de nombreux processus biologiques. Chez le poulain, un apport protéique insuffisant entraîne :
Un poulain peut ainsi présenter une croissance linéaire correcte tout en développant une musculature insuffisante pour protéger efficacement ses articulations.
Le calcium et le phosphore sont des constituants fondamentaux du squelette. Leur apport doit être suffisant et correctement équilibré pour permettre une minéralisation osseuse optimale.
Un déficit ou un déséquilibre de ces minéraux durant la croissance peut entraîner :
Ces anomalies sont souvent silencieuses chez le jeune cheval et ne se révèlent qu’avec l’augmentation des contraintes mécaniques.
Les oligo-éléments jouent un rôle central dans la qualité des cartilages, des tendons et des ligaments. Leur importance est malheureusement souvent sous-estimée, alors qu’ils conditionnent la résistance et l’élasticité des tissus.
Une alimentation pauvre ou déséquilibrée en oligo-éléments peut perturber la bonne croissance du cartilage articulaire et fragiliser l’ensemble de l’appareil locomoteur. Les conséquences sont une augmentation significative du risque de pathologies orthopédiques.
Les vitamines interviennent dans de nombreux mécanismes métaboliques. Chez le poulain, elles participent à la croissance osseuse, à la protection cellulaire et au développement du système immunitaire.
Une carence en vitamines peut exacerber les effets négatifs d’autres déséquilibres nutritionnels et fragiliser l’organisme sur le long terme.

Le poulain a des besoins alimentaires spécifiques qui, non couverts, peuvent entrainer des soucis sur son système locomoteur Crédit photo Natalia Gusakova pour Unsplash
Lorsque les besoins nutritionnels ne sont pas couverts, le squelette du poulain peut s’allonger sans acquérir une bonne solidité. Les os deviennent alors moins résistants aux contraintes mécaniques, ce qui augmente le risque de lésions articulaires.
Cette fragilité interne n’est pas toujours détectable chez le jeune cheval au repos. Elle se manifeste souvent plus tard, sous forme de douleurs, de boiteries ou de troubles chroniques.
L’ostéochondrose (OCD), est l’une des pathologies les plus fréquemment associées à des déséquilibres nutritionnels durant la croissance. Elle correspond à un défaut de maturation du cartilage articulaire.
Dans ce contexte, le cartilage ne se transforme pas correctement en tissu osseux. Il peut devenir plus épais, plus fragile, se fissurer et, dans certains cas, se détacher sous forme de fragments ostéo-cartilagineux à l’intérieur de l’articulation.
L’OCD peut rester asymptomatique pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Elle se révèle souvent lors de la mise au travail, lorsque les articulations sont soumises à des contraintes plus importantes. Selon la localisation et la gravité des lésions, cette affection peut nécessiter une intervention chirurgicale et compromettre partiellement ou totalement la carrière sportive du cheval.
Une sous-nutrition durant la croissance constitue un des facteurs de risque majeur dans le développement de cette pathologie, en particulier lorsque les nutriments impliqués dans la formation osseuse et cartilagineuse sont insuffisants.
La musculature joue un rôle fondamental dans la protection des articulations. Elle absorbe une partie des contraintes mécaniques et stabilise les mouvements.
Chez un poulain sous-nourri, le développement musculaire est souvent insuffisant. Cette faiblesse entraîne une surcharge des structures articulaires, ce qui augmente le risque de douleurs et de lésions à l’effort. À l’âge adulte, ces chevaux peuvent présenter une fatigabilité plus importante, une récupération plus lente et une tolérance au travail réduite.
Il faut savoir que les tendons et ligaments se développent parallèlement au squelette et aux muscles. Leur qualité va dépendre étroitement de l’alimentation reçue durant la croissance.
Une sous-nutrition peut altérer leur résistance et leur élasticité et par conséquent rendre ces structures plus vulnérables aux microtraumatismes. Les conséquences apparaissent souvent à l’âge adulte sous forme de tendinites, de desmites ou de lésions chroniques, parfois récidivantes.
Les troubles articulaires, tendineux et locomoteurs liés à une croissance mal soutenue sur le plan nutritionnel figurent parmi les affections les plus coûteuses et les plus complexes à prendre en charge chez le cheval adulte. Ostéochondrose, boiteries chroniques, tendinites ou arthrose précoce sont souvent la conséquence de déséquilibres installés durant la phase de croissance.
Il est évident qu’adopter une approche préventive de l’alimentation du poulain permet de réduire significativement ces risques. Respecter les besoins nutritionnels du poulain et les ajuster tout au long de sa croissance permet de limiter l’apparition de pathologies musculo squelettique et de préserver durablement la santé locomotrice du cheval.
L’un des aspects les plus problématiques de la sous-nutrition chez le poulain est le décalage entre la période de carence et l’apparition des troubles. Un cheval peut sembler tout à fait sain durant plusieurs années avant de développer des pathologies locomotrices parfois lourdes à gérer.
Ces affections entraînent des répercussions directes sur la durée de la carrière sportive, sur les performances, elles altèrent le confort de vie du cheval et par conséquent son bien-être. Les soins vétérinaires, les examens d’imagerie, les traitements prolongés et les périodes d’inactivité représentent également un coût important pour le propriétaire.
La sous-nutrition chez le poulain n’est jamais anodine. Même si elle passe inaperçue durant la jeunesse, elle peut compromettre durablement la solidité du squelette, la qualité des articulations et la résistance des tissus de soutien. Un cheval fort et en bonne santé se construit dès son plus jeune âge.
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Oui. La sous-nutrition ne se traduit pas toujours par un amaigrissement visible. Un poulain peut présenter un état corporel correct et poursuivre sa croissance en taille tout en souffrant de carences nutritionnelles profondes. Ces carences affectent principalement la qualité des os, des cartilages, des muscles et des tissus de soutien, sans forcément provoquer de signes extérieurs immédiats.
La sous-nutrition pendant la croissance peut entraîner un développement incomplet ou fragile du squelette, une musculature insuffisante et une altération de la qualité des tissus conjonctifs. À plus ou moins long terme, ces déséquilibres augmentent le risque de troubles articulaires, de boiteries, de fragilités tendineuses et de limitations fonctionnelles à l’âge adulte.
Oui. L’ostéochondrose est une pathologie liée à un défaut de maturation du cartilage articulaire durant la croissance. Une alimentation insuffisante ou déséquilibrée, qui ne couvre pas correctement les besoins nutritionnels du poulain, peut perturber ce processus et favoriser l’apparition de lésions ostéo-cartilagineuses. Ces lésions peuvent rester silencieuses pendant la jeunesse du cheval et se révéler lors de la mise au travail.
Les effets d’une sous-nutrition précoce ne sont pas toujours immédiats. Dans de nombreux cas, les conséquences apparaissent plusieurs années plus tard, au moment de la mise au travail ou à l’âge adulte, lorsque les articulations, les tendons et les muscles sont davantage sollicités. C’est ce décalage qui rend la prévention nutritionnelle particulièrement importante.
Oui. Les pathologies locomotrices liées à une croissance insuffisamment soutenue peuvent limiter la capacité du cheval à travailler et à performer. Douleurs articulaires, boiteries chroniques ou intolérance à l’effort peuvent conduire à une réduction des performances, à des périodes d’arrêt prolongées, voire à une réforme précoce.
Oui. Les troubles articulaires, tendineux ou musculaires liés à une croissance déséquilibrée nécessitent souvent des examens d’imagerie, des traitements de longue durée et parfois des interventions chirurgicales. Ces prises en charge représentent un coût nettement supérieur à celui d’une prévention nutritionnelle adaptée dès les premières années de vie.
Parce que la croissance constitue une période clé durant laquelle l’organisme du poulain construit les bases de sa santé future. Adapter l’alimentation aux besoins réels du jeune cheval permet de limiter l’apparition de pathologies évitables, de préserver la solidité de l’appareil locomoteur et de favoriser une meilleure longévité fonctionnelle.
Anticiper les risques de santé dès la croissance, c’est aussi protéger l’avenir de son cheval.
Hipassur accompagne les propriétaires dans la prévention et la prise en charge des problématiques de santé équine, notamment celles liées à l’appareil locomoteur.
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