Urgence vétérinaire chez le cheval

Urgence vétérinaire chez le cheval

 

Un cheval qui refuse sa ration, une boiterie qui apparaît soudainement ou une plaie découverte en arrivant au pré inquiètent forcément. Mais tous les signes ne sont pas aussi évidents et il n’est pas toujours facile de savoir s’il faut appeler le vétérinaire immédiatement ou surveiller son cheval pendant quelques heures.

Il n’est pas toujours facile de faire la différence, d’autant que les chevaux n’expriment pas tous la douleur de la même manière. Certains montrent très vite qu’ils ne vont pas bien, tandis que d’autres restent beaucoup plus discrets.

Le rôle du propriétaire n’est évidemment pas de poser un diagnostic. En revanche, connaître son cheval, repérer un comportement inhabituel et savoir reconnaître certains signes d’alerte permet de réagir plus rapidement lorsqu’une urgence se présente.

Comment savoir si son cheval ne va pas bien ?

Avant même de prendre sa température ou de compter sa fréquence cardiaque, il faut se référer au comportement habituel de votre cheval.

Un cheval qui vient normalement vous voir au pré et reste soudain à l’écart mérite que l’on s’y intéresse. Même chose s’il boude sa ration, se montre inhabituellement agité, reste couché plus longtemps que d’habitude ou semble tout simplement différent des autres jours.

Ces changements ne signifient pas forcément qu’il s’agit d’une urgence vétérinaire, mais ils doivent inciter à observer le cheval avec attention.

URGENCE VETERINAIRE DES CHEVAUX

Un cheval apathique et qui n'a pas la même attitude que d'habitude est un signal à ne pas négliger. Crédit photo Alexei Artyukh pour Unsplash

Quelques paramètres utiles peuvent compléter vos observations. Chez un cheval adulte au repos, la température se situe généralement autour de 37,5 à 38 °C et la fréquence cardiaque entre 24 et 40 battements par minute. Une température supérieure à 38,5 °C ou une fréquence cardiaque supérieure à 44 battements par minute au repos sont considérées comme des signes d’alerte.

L’intérêt est surtout de connaître les valeurs habituelles de votre cheval. Elles pourront être communiquées au vétérinaire en cas de problème. Nous vous conseillons de les relever à plusieurs reprises lorsque votre cheval est en pleine forme et de les conserver. Vous disposerez ainsi de valeurs de référence en cas de besoin.

Quels signes doivent pousser à appeler le vétérinaire rapidement ?

Il n’existe pas une seule forme d’urgence chez le cheval. Une douleur brutale, une blessure ou un changement important de l’état général justifie un appel rapide.

C’est notamment le cas face à une difficulté respiratoire, une hémorragie importante, un cheval qui ne parvient plus à se relever, des troubles de l’équilibre ou encore une douleur particulièrement marquée.

Les douleurs abdominales demandent également une attention particulière. Un cheval qui gratte le sol, regarde ses flancs, se couche et se relève à plusieurs reprises, transpire sans raison apparente ou cherche à se rouler peut présenter des signes de colique. Leur intensité est très variable et ne permet pas à elle seule de connaître la gravité de la situation.

Dans ce cas, le vétérinaire doit être contacté très rapidement afin de lui décrire précisément ce que vous observez. Il pourra poser les questions nécessaires et vous indiquer ce qu’il convient de faire en attendant son arrivée.

URGENCE VETERINAIRE CHEZ LE CHEVAL

Un cheval qui refuse de se lever nécessite un appel au vétérinaire. Credit phot Laura Robert sur Unsplash

Une plaie est-elle toujours une urgence ?

Une petite éraflure superficielle et une plaie profonde ne nécessitent évidemment pas la même prise en charge. Mais l’aspect de la blessure ne suffit pas toujours pour juger de sa gravité.

La localisation de la plaie compte énormément.

Une blessure située près d’une articulation, d’un tendon ou d’une autre structure sensible peut nécessiter une intervention vétérinaire rapide, même lorsqu’elle paraît relativement petite. Une plaie profonde, très souillée ou accompagnée d’une hémorragie importante doit également conduire à contacter le vétérinaire.

À l’inverse, toutes les blessures impressionnantes visuellement ne présentent pas nécessairement le même degré d’urgence.

En cas de doute, une photo de la plaie du cheval peut être utile au vétérinaire, si celui-ci vous le propose, pour apprécier la situation et décider de la conduite à tenir.

 

Une boiterie brutale doit-elle inquiéter ?

Une légère irrégularité et un cheval qui refuse soudainement de poser un pied au sol sont deux situations très différentes.

Une boiterie sévère d’apparition brutale, particulièrement après une chute, un choc ou un effort, justifient un appel au vétérinaire. Dans cette situation, il est préférable de limiter les déplacements du cheval jusqu’à avoir reçu ses consignes.

Une douleur importante au niveau des pieds, accompagnée d’une démarche très difficile ou d’une posture inhabituelle, doit également alerter. Parmi les causes possibles figure notamment la fourbure, pour laquelle une prise en charge rapide est indispensable.

Que faire en attendant l’arrivée du vétérinaire ?

Une fois le vétérinaire prévenu, suivez toujours les consignes qu’il vous donne par téléphone.

En attendant son arrivée, placez si possible le cheval dans un environnement calme et sécurisé, sans vous mettre en danger. Un cheval qui souffre peut avoir des réactions inhabituelles, même s’il est généralement très calme.

Évitez également de lui administrer un médicament de votre propre initiative. Donner un anti-inflammatoire ou un autre produit restant d’un précédent traitement peut masquer certains symptômes ou ne pas être adapté à la situation.

Selon le problème rencontré, le vétérinaire pourra vous demander de prendre la température du cheval, de surveiller son comportement, ses crottins ou sa consommation d’eau, ou encore de réaliser certains gestes précis.

Il n’existe donc pas une conduite à tenir valable pour toutes les urgences mais le bon réflexe reste d’appeler le vétérinaire avant d’agir.

Que dire au vétérinaire lorsqu’on l’appelle ?

Dans l’urgence, on peut facilement oublier certaines informations. Pourtant, plus votre description est précise, plus le vétérinaire pourra rapidement se faire une première idée de la situation.

Commencez simplement par lui expliquer ce qui vous a alerté et depuis quand.

Le cheval mange-t-il ? Boit-il ? A-t-il fait des crottins ? Est-il capable de marcher normalement ? Les symptômes sont-ils apparus brutalement ou progressivement ? Son état s’améliore-t-il ou, au contraire, se dégrade-t-il ?

Si vous pouvez les relever sans difficulté et sans prendre de risque, sa température, sa fréquence cardiaque et sa fréquence respiratoire lui seront également utiles.

Pensez enfin à signaler les circonstances particulières comme une chute, un choc, une séance de travail, un changement alimentaire récent, un traitement en cours ou tout autre élément susceptible d’aider le vétérinaire.

Anticiper une urgence avant qu’elle n’arrive

On pense rarement à une urgence vétérinaire tant que tout va bien. Pourtant, quelques précautions toutes simples peuvent faire gagner beaucoup de temps le jour où un problème survient.

Le numéro du vétérinaire et celui du service de garde ou de la clinique vétérinaire équine la plus proche doivent être enregistrés dans votre téléphone. Si votre cheval se trouve loin d’une clinique équine, mieux vaut également savoir à l’avance comment organiser son transport si une hospitalisation est nécessaire.

Une trousse de premiers secours accessible et régulièrement vérifiée permet aussi d’avoir immédiatement sous la main le matériel de base.

En cas de doute, mieux vaut appeler

Tous les appels au vétérinaire ne débouchent heureusement pas sur une intervention en urgence. Après avoir entendu vos observations, il peut très bien vous conseiller de surveiller votre cheval et de le rappeler si son état évolue. Mais cette décision lu appartient.

Lorsqu’un cheval présente une douleur importante, un changement brutal de comportement ou une altération inhabituelle de son état général, attendre pour voir si cela passe n’est pas toujours le meilleur choix.

Un appel permet souvent de faire rapidement le point et de savoir quoi faire. Et lorsqu’il s’agit réellement d’une urgence, quelques heures peuvent parfois faire une vraie différence.

En matière d’urgence, le nécessaire doit être fait pour mettre toutes les chances de côtés pour la meilleure prise en charge possible. Parce qu’un accident ou une maladie ne préviennent pas, nous proposons des formules d’assurance santé chevaux adaptées à vos besoins et à votre budget.

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FAQ : Urgence vétérinaire chez le cheval

Quelle température doit inquiéter chez un cheval ?
La température d’un cheval adulte au repos se situe généralement autour de 37,5 à 38 °C. L’IFCE considère qu’une température supérieure à 38,5 °C est anormale. Elle doit cependant toujours être interprétée avec les autres signes observés et les circonstances.

Faut-il appeler le vétérinaire si son cheval ne mange plus ?
Une perte d’appétit brutale doit attirer l’attention, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’autres signes : abattement, douleur, absence de crottins, fièvre ou comportement inhabituel. Dans le doute, contactez votre vétérinaire et décrivez-lui la situation.

Peut-on donner un anti-inflammatoire en attendant le vétérinaire ?
Il est préférable de ne pas administrer de médicament sans son accord. Le produit peut être inadapté à la situation et modifier les symptômes que le vétérinaire devra ensuite évaluer.

 

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