En été, un cheval qui vit au pré peut sembler bénéficier d’une alimentation abondante. Pourtant, lorsque les températures augmentent et que la sècheresse s’installe, certains chevaux changent progressivement de silhouette. On constate alors que les côtes sont davantage visibles, que le dos se creuse ou que l’arrière-main perd de son volume.
Ces signes ne traduisent pas tous le même phénomène. Une perte de graisse correspond à une diminution des réserves énergétiques, tandis qu’une fonte musculaire affecte directement les tissus musculaires. Les deux peuvent apparaître simultanément, mais leurs mécanismes et leur prise en charge ne sont pas tout à fait semblables.
Il est important de préciser que la graisse constitue avant tout une réserve d’énergie. Lorsque la ration n’apporte plus suffisamment de calories pour couvrir les besoins du cheval, son organisme commence à mobiliser ses réserves graisseuses.
Ce déficit énergétique peut être provoqué par une diminution de la quantité d’herbe disponible, un fourrage a très faible valeur nutritive, une ration insuffisante ou une augmentation des besoins liée au travail, à la lactation, à une maladie ou encore à une convalescence.
On remarque généralement la perte de graisse sur les zones utilisées pour évaluer l’état corporel du cheval. Les côtes deviennent plus faciles à voir ou à sentir, la base de la queue est moins garnie et les contours du garrot, des épaules ou des hanches sont plus marqués. Si le déficit énergétique se prolonge, le cheval peut manquer d’énergie, perdre en endurance et récupérer plus lentement après l’effort.
La fonte musculaire elle correspond à un autre mécanisme. Elle apparaît lorsque la dégradation naturelle des protéines musculaires devient supérieure à leur renouvellement. Le cheval perd alors du volume au niveau du dos, de l’encolure ou de l’arrière-main, parfois sans être particulièrement maigre.
C’est une distinction importante à faire car le cheval peut conserver des réserves de graisse tout en présentant une musculature insuffisante. À l’inverse, un cheval naturellement sec ou ayant perdu un peu d’état ne souffre pas nécessairement d’une véritable fonte musculaire.

Une perte musculaire chez le cheval se manifeste par une perte de volume au niveau du dos, de l’encolure et de l’arrière-main crédit photo Clara Ladonne pour Unsplash
Les protéines participent à la construction et au renouvellement de nombreux tissus, notamment les muscles, la peau, les poils et les sabots. Elles interviennent aussi dans la production d’enzymes, d’hormones et de certains éléments du système immunitaire.
Lors de la digestion, elles sont décomposées en acides aminés. Le cheval peut fabriquer certains de ces acides aminés, mais d’autres doivent obligatoirement être apportés par l’alimentation, ce sont les acides aminés essentiels.
La lysine est souvent considérée comme l’un des acides aminés les plus importants dans l’alimentation équine, car une quantité insuffisante peut limiter l’utilisation des autres acides aminés. Autrement dit, le pourcentage global de protéines affiché sur l’étiquette d’un aliment ne suffit pas à évaluer sa qualité. Leur digestibilité, leur origine et leur équilibre en acides aminés sont tout aussi importants.
Une carence importante en protéine peut notamment entraîner une perte de poids, une fonte musculaire et une dégradation de la qualité du poil ou des sabots du cheval.
Au printemps, l’herbe jeune est généralement abondante, appétente et riche en eau. En la consommant, le cheval peut alors couvrir une part importante de ses besoins. C’est d’ailleurs à cette période que l’on voit le physique du cheval changer. Il devient beaucoup plus beau, son poil brille, ses sabots sont plus forts et il gagne en énergie.
Au fil de l’été, la situation change lorsque les sols s’assèchent. La croissance de l’herbe ralentit, voire s’interrompt. L’herbe devient plus courte et elle se raréfie, surtout lorsque la parcelle est très fréquentée ou déjà surpâturée. Le cheval continue parfois à brouter pendant plusieurs heures, mais ce qu’il mange est en réalité beaucoup moins nutritif.
Cette différence entre temps passé à pâturer et quantité réellement ingérée peut retarder la prise de conscience du propriétaire. Un pré encore vert de loin n’est pas forcément capable de nourrir correctement et suffisamment les chevaux qui y vivent.
La sécheresse augmente également le risque de surpâturage et peut pousser les chevaux à consommer des végétaux habituellement délaissés. Ce phénomène entraine chaque année des cas d’intoxications végétales qui se révèlent pour certaines dramatiques. Dans ces conditions, l’apport de foin permet à la fois de sécuriser l’alimentation des équidés et de laisser la prairie se reposer.
Tous les chevaux peuvent perdre de l’état ou du muscle lorsque leurs apports ne couvrent plus leurs besoins. Certains profils de chevaux demandent toutefois une vigilance plus importante.
Les chevaux âgés sont souvent les premiers concernés, non pas parce que le vieillissement entraîne automatiquement une mauvaise digestion, mais parce qu’il s’accompagne plus fréquemment de problèmes dentaires, de maladies chroniques ou d’une moindre capacité à ingérer suffisamment de fourrage. Une perte de poids chez un cheval senior ne doit donc jamais être considérée comme une conséquence normale de l’âge.
L’usure ou l’absence de certaines dents peut empêcher le cheval de broyer correctement l’herbe et le foin. Des fibres longues sont alors retrouvées dans ses crottins, des boulettes de fourrage tombent de sa bouche et les repas durent longtemps. Dans ce cas, un aliment complet ou des fibres réhydratées deviennent nécessaires.
Les chevaux en croissance, les juments allaitantes, les chevaux de sport et ceux qui sont en convalescence ont également des besoins plus élevés. Enfin, un cheval dominé au sein du troupeau n’a souvent que peu accès au foin ou à sa ration et il est souvent privé de consommer la quantité d’aliment dont il a besoin.
L’œil s’habitue vite à une transformation progressive. Pour repérer rapidement une perte d’état, il est nécessaire d’observer et de palper régulièrement le cheval, idéalement toutes les semaines.
L’évaluation de l’état corporel se fait notamment sur les côtes, l’encolure, le garrot, la ligne du dos et la base de la queue. Une photo prise de profil et de dos, toujours au même endroit et dans des conditions comparables, permet de suivre l’évolution plus objectivement. Un ruban barymétrique peut également aider à détecter une variation de poids, même s’il ne distingue pas la graisse du muscle.
Pour observer convenablement l’état musculaire du cheval, il faut surtout regarder la symétrie, le remplissage de part et d’autre de la colonne vertébrale, le volume de la croupe et l’aspect de l’encolure.
Attention, une fonte localisée d’un seul côté peut évoquer une douleur, une boiterie ou un défaut d’utilisation plutôt qu’un problème alimentaire général.
Le cheval est un herbivore et le fourrage reste son aliment principal. Par conséquent, la première mesure consiste à rétablir un apport suffisant en fibres. Le foin doit être introduit dès que le pâturage ne fournit plus assez de matière sèche, sans attendre que le cheval ait visiblement maigri. La plupart des chevaux consomment autour de 2 % de leur poids vif en foin par jour lorsqu’ils y ont accès librement, mais les besoins varient selon l’individu et la qualité du fourrage.
Une analyse du foin est pertinente lorsque la perte d’état persiste. Elle permet de connaître sa teneur en énergie, en protéines, en fibres et en minéraux, puis d’équilibrer la ration sur des données réelles plutôt que sur son seul aspect visuel.

Le fourrage est l'aliment principal du cheval, lorsque l'herbe se raréfie en été il doit être systématiquement distribué crédit photo Lena Bauermeister pour Unsplash
Si le cheval reçoit déjà un aliment concentré, sa quantité peut être augmentée progressivement pour arriver parfois à des doses d’hiver. Les rations journalières de complément doivent être distribuées en fractionnant les repas. Toutefois, augmenter un aliment inadapté ne résoudra pas nécessairement une fonte musculaire. Il faut systématiquement vérifier l’apport total en énergie, en protéines digestibles, en acides aminés, en vitamines et en minéraux. Le recours a un nutritionniste équin est dans ce cas fortement recommandé.
Chez un cheval senior qui présente des difficultés de mastication, on peut remplacer une partie du foin par un complément de fourrage ou un aliment complet riche en fibres digestibles. Pour les chevaux âgés de plus de vingt ans, les besoins en protéines se rapprochent de ceux d’un cheval effectuant un travail léger à modéré. Toutefois, une augmentation importante doit être discutée avec le vétérinaire, notamment en présence d’une maladie rénale ou hépatique.
Rappelons que toute modification alimentaire doit être progressive afin de préserver l’équilibre digestif du cheval.
Une fonte musculaire n’est pas toujours d’origine alimentaire. Elle peut être favorisée par des douleurs chroniques, une boiterie, un problème dentaire, un parasitisme, une affection digestive ou une maladie endocrinienne telle que le dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse (PPID), plus connu sous le nom de syndrome de Cushing.
Une consultation est vivement recommandée lorsque la perte est rapide, importante, asymétrique ou associée à d’autres signes tels que baisse d’appétit, fatigue marquée, poil anormal, difficulté à mâcher, diarrhée, coliques répétées, augmentation de la soif ou baisse des performances.
Le vétérinaire pourra rechercher une cause médicale, évaluer la dentition, contrôler le programme de vermifugation et orienter le propriétaire vers une ration adaptée. Une perte de poids inexpliquée chez un cheval âgé mérite notamment un bilan médical et dentaire avant toute modification de son alimentation.
En été, la présence d’herbe dans le pré ne garantit ni une quantité suffisante de nourriture ni une ration équilibrée. L’observation régulière du cheval reste donc la base de tous les propriétaires de chevaux.
Identifier s’il perd principalement de la graisse, du muscle ou les deux, permet d’adapter la solution. On peut alors renforcer l’apport énergétique, améliorer la qualité des protéines, compléter le fourrage ou rechercher une cause médicale.
Ce que l’on sait, c’est que plus on intervient de façon précoce, plus il est facile de préserver l’état corporel et la musculature du cheval, surtout avant la période hivernale.
Chez Hipassur, nous avons conscience que la santé des chevaux tient parfois à peu de choses. Un « simple » déséquilibre alimentaire peut avoir des répercussions ennuyeuses à plus ou moins long terme chez le cheval. En prenant les choses en main dès les premiers symptômes et en faisant preuve de prudence, nous mettons toutes les chances de notre côté pour garder le cheval en bonne santé
Bien sûr, tout ne se maitrise pas aussi facilement, les maladies et les accidents ne préviennent pas toujours. Nos différentes formules d’assurances santé cheval permettent de faire face aux frais souvent élevés que représentent les soins vétérinaires.
Savoir que l’on peut soigner son cheval sans craindre pour son budget apporte beaucoup de sérénité et permet de profiter pleinement de son compagnon.
Notre équipe est exclusivement composée de cavaliers et propriétaires de chevaux ce qui leur permet de comprendre vos besoins, vos attentes et de vous conseiller au plus juste en prenant en compte votre budget.
La présence d'herbe ne garantit pas que le cheval couvre tous ses besoins nutritionnels. En été, la sécheresse et les fortes chaleurs ralentissent la pousse de l'herbe et réduisent sa qualité nutritionnelle. Le cheval peut continuer à brouter toute la journée sans ingérer une quantité suffisante de nutriments, notamment de protéines de qualité.
Une perte de graisse se traduit par un amaigrissement général : les côtes, les hanches et les épaules deviennent plus visibles. La fonte musculaire, elle, modifie davantage la silhouette : le dos se creuse, l'encolure s'affine et l'arrière-main perd de son volume. Les deux phénomènes peuvent cohabiter.
Oui car avec l'âge, certains chevaux valorisent moins efficacement les protéines alimentaires et présentent plus fréquemment des problèmes dentaires ou des maladies chroniques qui limitent leurs apports nutritionnels. Une alimentation adaptée et un suivi régulier de leur état corporel permettent de limiter ce risque.
Pas systématiquement car avant d'augmenter les concentrés, il est primordial de vérifier que le cheval dispose d'un apport suffisant en fourrage de qualité. Si nécessaire, la ration pourra ensuite être ajustée en fonction de son état corporel, de son activité et de ses besoins nutritionnels.
Pas toujours car la reconstruction musculaire dépend d'un ensemble de facteurs comme une alimentation équilibrée, des apports suffisants en protéines de qualité et en acides aminés essentiels, mais aussi un état de santé satisfaisant et, lorsque cela est possible, une activité physique adaptée. Si la fonte musculaire est importante ou inexpliquée, un examen vétérinaire est fortement recommandé.
Une consultation est conseillée si la perte musculaire est rapide, importante ou s'accompagne d'autres symptômes comme une baisse d'appétit, une fatigue inhabituelle, une difficulté à mâcher, des coliques répétées ou une diminution des performances. Chez un cheval senior, une perte de muscle ne doit jamais être considérée comme une conséquence normale du vieillissement.
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