Virus Shamonda chez le cheval

Virus Shamonda chez le cheval

Depuis cet été, un nouveau virus fait parler de lui en Europe. Il s’agit du virus Shamonda, également appelé European Shamonda Virus (ESV) ou virus Shamonda-like.

Tout d’abord identifié chez des bovins en France, en Allemagne et en Suisse, il a ensuite été retrouvé chez des chevaux présentant des troubles neurologiques en Suisse. Au 2 septembre 2026, le virus a été détecté dans les tissus cérébraux de quatre chevaux décédés.

Cette découverte mérite aujourd’hui l’attention de la filière équine, mais les connaissances sur le virus Shamonda chez le cheval sont encore limitées. Sa présence a bien été confirmée chez ces quatre chevaux, sans que l’on puisse pour autant établir, à ce stade, qu’il est responsable des troubles neurologiques observés.

Alors, que sait-on réellement de ce virus ? Peut-il toucher nos chevaux en France ? Comment se transmet-il et quelles précautions peut-on prendre ?

Qu’est-ce que le virus Shamonda ?

Le virus Shamonda appartient à la famille des Orthobunyavirus et plus précisément au sérogroupe Simbu. On y retrouve notamment les virus de Schmallenberg et Akabane, connus pour infecter principalement les ruminants.

Le virus Shamonda n’est pas totalement nouveau. Il a été identifié pour la première fois au Nigeria dans les années 1960, puis signalé ponctuellement dans plusieurs régions d’Afrique ainsi qu’au Japon.

La situation observée en 2026 est différente puisqu’un virus de type Shamonda a émergé pour la première fois en Europe.

En France, les premières investigations ont débuté après l’apparition de symptômes inhabituels dans plusieurs élevages bovins au cours de l’été. Les animaux présentaient notamment de la fièvre, de l’abattement, des diarrhées et une baisse de la production laitière.

Des analyses réalisées par l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse et l’INRAE ont permis d’identifier un Orthobunyavirus génétiquement apparenté au virus Shamonda.

Son génome est composé de trois segments d’ARN, appelés S, M et L. Les chercheurs poursuivent leurs travaux pour mieux comprendre ce virus européen et son origine.

Les premiers cas chez le cheval

Jusqu’à cet été, le virus n’avait jamais été détecté chez des chevaux en Europe.

Les deux premiers chevaux concernés ont été signalés en Suisse fin juillet et début août 2026. Ils présentaient des troubles neurologiques et le virus Shamonda a été retrouvé dans leurs tissus cérébraux après leur décès.

Depuis, les recherches se sont poursuivies. Le 2 septembre, l’Institut suisse de médecine équine (ISME) a annoncé que le virus avait désormais été détecté dans le cerveau de quatre chevaux décédés, trois à Zurich et un à Berne.

D’autres chevaux présentant des troubles neurologiques ont également été signalés dans différentes régions de Suisse depuis la fin du mois de juillet.

Pour certains chevaux, plusieurs agents infectieux pouvant provoquer des troubles neurologiques ont également été recherchés, notamment les herpès virus équins EHV-1 et EHV-4, responsables de la rhinopneumonie équine, ainsi que le virus West Nile. Les analyses se sont révélées négatives.

Cette découverte inhabituelle justifie une surveillance particulière. Elle ne permet toutefois pas encore d’affirmer avec certitude que le virus Shamonda est responsable des troubles neurologiques observés.

Les recherches se poursuivent donc pour mieux comprendre les effets de ce virus chez le cheval et déterminer son rôle éventuel dans l’apparition de ces symptômes.

Quels symptômes chez le cheval ?

Les chevaux concernés en Suisse ont présenté différents troubles neurologiques. Chez certains, les premiers signes étaient un abattement ou une somnolence inhabituelle.

D’autres symptômes ont également été observés :

  • troubles de l’équilibre et de la coordination ;
  • démarche instable ;
  • tremblements ou contractions musculaires ;
  • sensibilité excessive au toucher ou à d’autres stimulations ;
  • inclinaison de la tête ;
  • mouvements involontaires des yeux ;
  • strabisme.

La gravité des troubles semble varier d’un cheval à l’autre. Chez certains, l’évolution a été favorable avec une disparition spontanée des symptômes. Chez d’autres, les signes neurologiques étaient beaucoup plus sévères et ont pu conduire à une euthanasie.

Ces symptômes peuvent cependant avoir de nombreuses origines et ne permettent pas, à eux seuls, de suspecter le virus Shamonda. En cas de troubles neurologiques, il est impératif de contacter rapidement un vétérinaire.

En France, le RESPE suit l’évolution de la situation et publie régulièrement les informations sanitaires concernant les équidés.

Le diagnostic du virus Shamonda

Le diagnostic reste aujourd’hui difficile chez un cheval vivant.

Chez les premiers chevaux étudiés en Suisse, le virus a été retrouvé dans le cerveau, mais pas dans le sang ni dans le liquide céphalo-rachidien. Il est possible qu’il ne soit présent dans le sang que durant une courte période, comme cela a déjà été observé chez les ruminants.

Des anticorps réagissant au test utilisé pour le virus de Schmallenberg ont par ailleurs été retrouvés chez plusieurs chevaux ayant présenté des troubles neurologiques. Leur présence montre que ces animaux ont été exposés à un virus apparenté, mais elle ne permet pas de prouver que le virus Shamonda est responsable de leurs symptômes.

À ce jour, le virus n’a pas encore pu être directement détecté à partir d’échantillons prélevés sur un cheval vivant. Des recherches sont en cours en Suisse pour améliorer son diagnostic.

Comment se transmet le virus Shamonda ?

Le virus Shamonda serait principalement transmis par les Culicoides. Ces minuscules moucherons piqueurs, qui ne mesurent que quelques millimètres, sont déjà bien connus des propriétaires de chevaux puisqu’ils sont notamment responsables de la dermite estivale récidivante des équidés (DERE ).

En piquant un animal infecté, certaines espèces de Culicoides peuvent transporter le virus puis le transmettre à un autre animal lors d’une nouvelle piqûre.

À ce jour, aucune transmission directe entre deux animaux n’a été mise en évidence. La proximité entre deux chevaux ne semble donc pas être un mode de transmission du virus.

 

VIRUS SHAMONDA
Les moucherons Culicoides  sont les principaux vecteurs dans la transmission du virus Shamonda. Crédit photo Caspian Dahlström pour Unsplash

Le virus Shamonda circule-t-il en France ?

Oui, mais sa présence est pour l’instant confirmée chez les bovins. Au 24 août 2026, le RESPE indiquait que le virus avait été détecté chez des bovins dans 18 départements français, répartis dans cinq régions.

Le virus circule également dans plusieurs autres pays européens et a été retrouvé chez des ovins en Belgique.

Chez le cheval, la situation est différente. Au moment de la rédaction de cet article, aucun cas équin n’a été signalé en France par le RESPE. Les détections confirmées chez des chevaux en Europe concernent actuellement la Suisse.

Ces données peuvent cependant évoluer rapidement. Pour l’instant, elles justifient une surveillance, mais ne montrent pas l’existence d’une épidémie chez les chevaux en France.

Comment protéger son cheval du virus Shamonda ?

Il n’existe actuellement ni vaccin spécifique ni mesure permettant de garantir qu’un cheval ne sera pas exposé au virus.

La prévention repose essentiellement sur la limitation des piqûres de Culicoides.

Il n’est évidemment pas possible de supprimer tous les insectes présents autour d’un cheval, surtout lorsqu’il vit au pré. Quelques mesures peuvent néanmoins réduire son exposition.

Les Culicoides sont particulièrement actifs lorsque les conditions sont douces et humides, avec une activité souvent importante autour du lever et du coucher du soleil.

Lorsque cela est possible, mieux vaut rentrer les chevaux durant les périodes de forte activité des Culicoides afin de limiter les piqûres. Une écurie bien ventilée permet aussi de limiter leur présence, car les Culicoides volent difficilement lorsqu’il y a du vent.

Les couvertures et protections anti-insectes peuvent compléter ces mesures.

Un répulsif insectes adapté aux chevaux peut également aider à limiter les piqûres de Culicoides.

Il est aussi conseillé de limiter les zones humides autour des lieux de vie des chevaux, car elles favorisent la présence des Culicoides.

Ces précautions ne permettent pas d’éviter totalement le virus Shamonda, mais elles peuvent réduire les risques de piqûres.

Pour l’instant, les données disponibles appellent surtout à rester vigilant, sans pour autant s’inquiéter. Les connaissances sur le virus Shamonda chez le cheval sont encore limitées et les recherches en cours devraient permettre d’en savoir davantage dans les prochains mois.

Et l’assurance santé du cheval ?

Face à des troubles neurologiques, les examens vétérinaires peuvent rapidement devenir nombreux entre la consultation, les analyses, l’imagerie ou encore l’hospitalisation selon l’état du cheval.

Selon les garanties souscrites, une assurance santé cheval permet de prendre en charge tout ou partie de ces frais. Chez Hipassur, nous proposons différentes formules d’assurance santé cheval selon vos besoins et votre budget.

Pouvoir faire face aux frais vétérinaires parfois élevés est aussi une sécurité pour le propriétaire d’un cheval. Cela permet d’aborder plus sereinement les soins de son cheval et de lui offrir la prise en charge dont il a besoin sans que le coût soit le premier frein.

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FAQ Virus Shamonda chez le cheval

Le virus Shamonda peut-il infecter les chevaux ?

Oui. Au 2 septembre 2026, le virus Shamonda avait été détecté dans les tissus cérébraux de quatre chevaux décédés en Suisse. Il s’agit des premiers cas connus en Europe. En revanche, les chercheurs ne savent pas encore précisément quels effets le virus peut avoir chez le cheval ni s’il est responsable des troubles neurologiques observés.

Quels sont les symptômes du virus Shamonda chez le cheval ?

Les chevaux concernés en Suisse ont présenté différents troubles neurologiques : problèmes d’équilibre et de coordination, démarche instable, contractions musculaires, sensibilité excessive au toucher ou encore inclinaison de la tête et mouvements anormaux des yeux.

Certains chevaux ont présenté des formes modérées avec une évolution favorable, tandis que d’autres ont développé des troubles neurologiques sévères. Pour l’instant, il n’est toutefois pas possible d’affirmer que ces symptômes sont directement provoqués par le virus Shamonda.

Y a-t-il des chevaux atteints du virus Shamonda en France ?

Au moment de la rédaction de cet article, aucune détection chez un cheval en France n’a été rapportée par le RESPE. Le virus circule en revanche chez les bovins dans plusieurs régions françaises.

Comment le virus Shamonda se transmet-il ?

La transmission se ferait principalement par les Culicoides, de minuscules moucherons piqueurs. Aucune transmission directe entre deux animaux n’a été mise en évidence à ce jour.

Existe-t-il un vaccin contre le virus Shamonda ?

Il n’existe actuellement aucun vaccin spécifique contre le virus Shamonda.

Existe-t-il un traitement contre le virus Shamonda ?

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique connu contre le virus Shamonda. Chez le cheval, la prise en charge est actuellement symptomatique et dépend de l’état de l’animal et des troubles observés. Elle relève du vétérinaire.

Comment diagnostique-t-on le virus Shamonda chez un cheval ?

Le diagnostic chez un cheval vivant reste actuellement difficile. Le virus a été retrouvé dans les tissus cérébraux de chevaux décédés, mais il n’a pas encore pu être directement détecté à partir d’échantillons prélevés sur des chevaux vivants. La recherche d’anticorps peut montrer que le cheval a déjà été en contact avec un virus proche du virus Shamonda, mais elle ne permet pas de savoir si celui-ci est responsable des symptômes observés.

Comment protéger son cheval du virus Shamonda ?

La principale mesure consiste à réduire autant que possible les piqûres de Culicoides avec protections anti-insectes, limitation des zones humides autour des lieux de vie, bonne ventilation des bâtiments et utilisation d’un répulsif adapté aux chevaux. Aucun de ces moyens ne garantit une protection totale.

Que faire si mon cheval présente des troubles neurologiques ?

Contactez rapidement votre vétérinaire. Une perte d’équilibre, une démarche anormale, des tremblements, une faiblesse importante ou un changement inhabituel de comportement peuvent avoir de nombreuses causes. Un examen vétérinaire permettra d’orienter les recherches et de déterminer les examens nécessaires.

Informations actualisées au 4 septembre 2026.

Le virus Shamonda fait actuellement l’objet de recherches et d’une surveillance en Europe. Les connaissances peuvent donc évoluer rapidement. Pour suivre la situation sanitaire chez les équidés en France, les propriétaires peuvent consulter les informations et alertes publiées par le RESPE.

Sources principales

 

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