Conditions de vie du cheval : quel impact sur sa santé ?

Conditions de vie du cheval : quel impact sur sa santé ?

Quand on parle de la santé du cheval, ce qui revient souvent ce sont les vaccins, les vermifuges, les soins dentaires ou encore les visites du vétérinaire. Pourtant, la prévention commence bien avant, elle commence dans son quotidien.

Ce qu’il mange, le temps qu’il passe à manger, ses possibilités de bouger librement, ses contacts avec les autres chevaux, son travail, son repos, son mode d’hébergement.

Tous ces éléments peuvent avoir un impact sur sa santé et son bien-être.

Ces dernières années, de nombreuses études se sont intéressées aux conditions de vie des chevaux. Elles ont permis de mieux comprendre leurs besoins et leurs conséquences lorsqu’ils ne sont pas suffisamment respectés.

Parmi eux, trois reviennent très souvent. On les appelle les 3F : Forage, Freedom, Friends.

Autrement dit : du fourrage, de la liberté de mouvement et des copains.

Trois choses finalement très simples mais qui ne trouvent pas toujours suffisamment de place dans le quotidien de nos chevaux.

Les 3F ou les besoins fondamentaux pour le cheval

Le cheval est un animal qui mange des fibres pendant une grande partie de la journée. Il se déplace beaucoup, principalement au pas. Et il vit naturellement avec d’autres chevaux car c’est un animal grégaire.

C’est de là que viennent les 3F :

Forage : manger principalement des fibres et pouvoir s’alimenter régulièrement.

Freedom : avoir la possibilité de se déplacer librement chaque jour.

Friends : voir, côtoyer et, lorsque c’est possible, avoir de vrais contacts avec d’autres chevaux.

Ces besoins ne concernent pas seulement les chevaux de loisir ou ceux qui vivent au pré. Un cheval de sport reste un cheval. Son niveau de travail ne change pas ses besoins fondamentaux. Et les études menées ces dernières années le montrent assez clairement.

Condition de vie du cheval
Les chevaux sont des animaux grégaires, ils ont besoin de contact sociaux avec d'autres chevaux. Crédit photo Roger Starnes pour Unsplash

Besoins du cheval de sport ou du cheval de loisir

En 2024, des chercheurs français se sont intéressés aux conditions de vie de 56 chevaux de sport de haut niveau, engagés dans des compétitions internationales. Ils ont notamment étudié leur accès aux trois F et différents indicateurs de bien-être.

Les conditions de vie étaient très variables. Certains chevaux vivaient principalement dehors. D’autres passaient l’essentiel de leur temps au box. Près de 40 % vivaient même exclusivement au box.

Les chercheurs ont constaté que plus les restrictions concernant le fourrage, la liberté de mouvement et les contacts sociaux étaient importantes, moins les indicateurs de bien-être étaient bons.

Mais l’étude montre aussi qu’il est possible de mieux répondre à ces besoins chez des chevaux qui évoluent au plus haut niveau sportif.

Sortir son cheval, lui permettre de manger du fourrage et de côtoyer d’autres chevaux n’est donc pas incompatible avec la compétition. Un cheval peut être un athlète, il n’en reste pas moins un cheval.

Des fibres et encore des fibres

Le cheval est fait pour manger souvent et en petites quantités. Au pré, il peut passer de nombreuses heures à brouter. Il mange, avance de quelques pas, mange à nouveau et poursuit ainsi une grande partie de la journée. Son système digestif fonctionne avec ce rythme.

L’herbe et le foin doivent donc rester la base de son alimentation. Mais la quantité distribuée n’est pas la seule chose à regarder.

La durée pendant laquelle le cheval dispose de fourrage compte aussi.

Un cheval peut recevoir une quantité correcte de foin et pourtant tout terminer en quelques heures. Il restera ensuite parfois une grande partie de la nuit ou de la journée sans rien manger. Or, l’estomac du cheval produit de l’acide en continu.

Quand il mâche du fourrage, il produit beaucoup de salive. Celle-ci aide à tamponner l’acidité présente dans l’estomac. Les longues périodes sans manger ne sont donc pas idéales.

Elles font notamment partie des facteurs associés aux ulcères gastriques, en particulier ceux qui touchent la partie squameuse de l’estomac.

L’IFCE recommande d’éviter les longues périodes sans fourrage. L’idéal reste un accès aussi continu que possible à l’herbe ou au foin. Lorsque le foin est rationné, plusieurs distributions dans la journée permettent de limiter les périodes de jeûne.

Cela ne veut pas dire qu’un cheval développera des ulcères dès qu’il passe quelques heures sans foin. Les ulcères ont plusieurs causes et plusieurs facteurs de risque.

Mais éviter les longues périodes sans fourrage est une mesure assez simple à mettre en place lorsque c’est possible.

Condition de vie des chevaux

La fibre est la base de l'alimentation du cheval. Crédit photo Esthel Queheille

Trop de concentrés peut être problématique

Certains chevaux ont besoin d’une ration plus énergétique. C’est notamment le cas lorsqu’ils travaillent beaucoup ou qu’ils ont du mal à maintenir leur état. Les concentrés ont alors leur utilité mais ils ne doivent pas remplacer les fibres.

Le cheval digère moins bien de grandes quantités d’amidon distribuées en un seul repas. Une partie peut atteindre le gros intestin et perturber son équilibre. Des apports élevés en amidon font également partie des facteurs associés aux ulcères gastriques. Là encore, tout est une question d’équilibre.

Avant d’augmenter les concentrés, il est utile de regarder l’ensemble de la ration. Le cheval reçoit-il assez de fourrage ? Est-il de bonne qualité ? Ses besoins justifient-ils réellement cette quantité de concentrés ?

Et lorsqu’ils sont nécessaires, mieux vaut les répartir en plusieurs petits repas.

Alimentation et coliques, attention aux changements brusques

Les coliques chez le cheval peuvent avoir de très nombreuses causes. Même avec une excellente gestion, il est impossible de supprimer totalement le risque. En revanche, certains facteurs reviennent régulièrement dans les études et les changements alimentaires en font partie.

Les changements d’alimentation ne sont jamais anodins. Nouveau foin, mise à l’herbe, changement d’aliment ou augmentation des concentrés…le système digestif du cheval a besoin de temps pour s’adapter. L’IFCE recommande une transition progressive lors de chaque changement de régime alimentaire, y compris lors d’un changement de fourrage.

Les transitions alimentaires doivent donc se faire progressivement. C’est particulièrement important au printemps, lors de la mise à l’herbe, mais aussi lors d’un changement de foin ou d’aliment.

Bouger ne veut pas seulement dire travailler

C’est une confusion assez fréquente. Un cheval peut travailler presque tous les jours et pourtant manquer de mouvement. Une heure montée, à la longe ou au marcheur reste une heure d’exercice. Pendant cette séance, les déplacements sont imposés, dehors et en liberté, c’est différent.

Le cheval choisit de marcher pour aller boire, manger, rejoindre un autre cheval, se mettre à l’ombre ou simplement changer de place. Ces petits déplacements s’accumulent tout au long de la journée.

Une étude française publiée en 2020 s’est justement intéressée à des chevaux de sport hébergés au box et sortant principalement pour leur travail. Les chercheurs ont ajouté des sorties quotidiennes au paddock.

Les indicateurs de bien-être observés se sont améliorés pendant les périodes où les chevaux bénéficiaient de cette liberté supplémentaire. Ils se sont ensuite dégradés lorsque ces sorties ont été supprimées.

Autre résultat intéressant dans cette étude, les sorties au paddock n’ont pas entraîné davantage de blessures.

Une heure de travail ne remplace donc pas plusieurs heures de mouvement libre.

Tous les chevaux ont besoin de passer du temps dehors

Dans la mesure du possible, un cheval devrait pouvoir sortir chaque jour. Au pré, au paddock ou dans un autre espace adapté. Peu importe le nom qu’on lui donne. Ce qui compte, c’est qu’il dispose de suffisamment d’espace pour marcher et choisir ses déplacements.

Il doit aussi pouvoir manger. De l’herbe lorsque son état de santé et la saison le permettent et du foin lorsque l’herbe manque ou lorsqu’elle doit être limitée.

De l’eau propre doit bien sûr rester disponible. Et l’environnement doit lui permettre de se protéger du soleil et des mauvaises conditions météo. La présence d’autres chevaux compte également.

Cela vaut pour un cheval de loisir comme pour un cheval de compétition.

Une étude française publiée en 2019 a suivi 187 chevaux de sport vivant en boxes individuels, sans accès au paddock ni au pâturage.

Les chercheurs ont observé plusieurs signes pouvant traduire une altération du bien-être. Parmi eux, des stéréotypies, de l’agressivité, certains comportements liés au stress ou encore une indifférence à l’environnement.

Plus les chevaux passaient de temps au box, plus le risque d’observer cette indifférence augmentait.

Les chercheurs ont également constaté que certains aménagements du box ne suffisaient pas à compenser ce qui manquait à ces chevaux.

La conclusion revient encore une fois aux 3F : du fourrage, du mouvement libre et des contacts avec les congénères.

Le box n’est pas forcément le problème

Dire cela ne signifie pas qu’un cheval ne doit jamais vivre au box. Le box peut être utile pour surveiller un cheval malade, gérer certains problèmes de santé, faciliter les soins ou simplement organiser une partie de la journée.

Ce qui compte surtout, c’est le temps que le cheval y passe et ce qu’il peut faire le reste de la journée.

Un cheval qui rentre au box la nuit après avoir passé plusieurs heures dehors avec d’autres chevaux ne vit pas la même chose qu’un cheval enfermé 22 ou 23 heures par jour.

L’IFCE recommande d’ailleurs, pour les chevaux hébergés au box, des sorties quotidiennes suffisamment longues en liberté, des contacts avec des congénères et un accès aux fibres aussi continu que possible.

La question n’est donc pas seulement : « Mon cheval vit-il au box ou au pré ? » Elle est plutôt : « À quoi ressemble réellement sa journée ? »

Les copains ne sont pas un détail

Le cheval est un animal social. Dans un groupe, les chevaux se déplacent ensemble. Ils mangent à proximité les uns des autres. Ils se reposent, jouent, communiquent et peuvent se toiletter mutuellement. Certains créent aussi de véritables affinités.

Vivre avec ou à proximité d’autres chevaux fait donc intégralement partie de leurs besoins.

Tous les chevaux ne peuvent pas forcément vivre en troupeau 24 heures sur 24. Certains groupes ne fonctionnent pas. Certains chevaux ont aussi besoin d’une gestion particulière. Mais entre la vie en troupeau et l’isolement complet, il existe beaucoup de possibilités.

Des paddocks voisins, des sorties à plusieurs ou des boxes qui permettent de voir et de toucher les chevaux d’à côté peuvent déjà apporter davantage de contacts sociaux.

L’important est de ne pas considérer la présence d’autres chevaux comme un simple bonus car elle fait partie des besoins fondamentaux de l’espèce.

Et le travail dans tout ça ?

Les conditions de vie d’un cheval comprennent aussi son travail. L’entraînement doit être adapté à son âge, sa condition physique, son état de santé et ce qu’on lui demande.

Un cheval qui reprend après plusieurs semaines d’arrêt ne peut pas retrouver immédiatement son ancien rythme. Son organisme a besoin de temps.

La récupération est tout aussi importante. Après un effort important, une compétition ou un transport, le cheval doit pouvoir boire, manger et se reposer. Mais repos ne signifie pas forcément rester enfermé au box. Pouvoir marcher tranquillement et se déplacer librement peut aussi faire partie de la récupération.

Il faut surtout apprendre à regarder le cheval que l’on a devant soi. Fatigue inhabituelle, baisse d’envie, raideur, perte d’état, modification du comportement ou récupération plus longue que d’habitude sont autant de signes à prendre en compte.

Le pré ne règle pas tout

La vie dehors offre plus facilement du mouvement et des contacts sociaux. Mais un cheval au pré n’est pas automatiquement un cheval dont tous les besoins sont satisfaits.

Un pré peut manquer d’herbe ou de foin. Il peut être trop petit. Le cheval peut être isolé. L’accès à l’eau peut être insuffisant.

À l’inverse, une herbe très riche peut poser un problème chez certains chevaux en surpoids ou présentant une maladie métabolique.

Il faut aussi penser aux parasites, aux plantes toxiques, à la boue, aux clôtures ou aux relations entre les chevaux du groupe.

Le pré n’est donc pas une solution magique. Comme pour le box, tout dépend de la façon dont il est géré.

 

De bonnes conditions de vie font partie de la prévention

Aucun mode de vie ne protégera un cheval contre toutes les maladies.

Un cheval qui vit dehors, avec du foin, des copains et de l’espace peut faire une colique. Il peut développer des ulcères. Il peut se blesser ou tomber malade. Mais cela ne signifie pas que ses conditions de vie n’ont pas d’importance.

Nous connaissons aujourd’hui mieux les besoins fondamentaux du cheval. Et nous savons que certaines pratiques sont associées à davantage de problèmes de santé ou de bien-être.

Alors, avant de chercher des solutions compliquées, quelques questions simples peuvent déjà être utiles.

Mon cheval passe-t-il de longues heures sans manger ?

Peut-il se déplacer librement chaque jour ?

Passe-t-il suffisamment de temps dehors ?

A-t-il de vrais contacts avec d’autres chevaux ?

Son alimentation est-elle adaptée ?

Les changements de ration sont-ils suffisamment progressifs ?

Son travail correspond-il à sa condition physique ?

A-t-il assez de temps pour récupérer ?

Il n’est pas toujours possible de tout changer. Chaque cheval, chaque écurie et chaque propriétaire ont leurs contraintes.

Mais améliorer un point, puis un autre, peut déjà changer beaucoup de choses.

Prendre soin de la santé de son cheval ne commence pas uniquement lorsque le vétérinaire arrive.

Cela commence aussi par la façon dont il vit, chaque jour.

Prévenir, sans pouvoir tout prévoir

De bonnes conditions de vie permettent de préserver la santé de son cheval et de limiter certains facteurs de risque. Mais même avec les meilleures précautions, personne n’est à l’abri d’une maladie, d’une colique ou d’un accident.

Et lorsqu’un problème de santé survient, les frais vétérinaires peuvent rapidement devenir importants.

Chez Hipassur, nous savons que la santé de son cheval est un sujet qui compte et que chaque situation est différente. C’est pourquoi nous proposons plusieurs formules d’assurance santé cheval, adaptées aux besoins de chacun et à différents budgets.

Parce que bien protéger son cheval, c’est aussi pouvoir lui offrir les soins dont il a besoin lorsqu’un imprévu survient.

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Idées reçues

« Mon cheval travaille tous les jours, il bouge suffisamment »

Pas forcément. Le travail et le mouvement libre sont deux choses différentes. Un cheval peut être monté une heure par jour et passer presque tout le reste de son temps au box.

« Un cheval de sport ne peut pas vivre comme un cheval de loisir »

Ses besoins fondamentaux restent les mêmes. Une étude menée sur des chevaux de sport de haut niveau montre d’ailleurs qu’il est possible de mieux répondre aux 3F tout en évoluant au niveau international.

« Un cheval au pré est forcément plus heureux »

Pas forcément. Tout dépend de ses conditions de vie. Surface disponible, alimentation, eau, abri, congénères et gestion du groupe comptent aussi.

« Mon cheval à sa quantité de foin quotidienne, c’est suffisant »

Pas toujours. La quantité compte, mais aussi la façon dont elle est répartie. Un cheval qui mange tout son foin rapidement peut ensuite passer de longues heures sans fibres.

« Les ulcères gastriques concernent surtout les chevaux de course »

Non. Les ulcères gastriques peuvent toucher différents types de chevaux. L’alimentation, les longues périodes sans fourrage, l’exercice et certaines conditions de vie font partie des facteurs de risque étudiés.

FAQ

Quels sont les 3F chez le cheval ?

Les 3F correspondent à Forage, Freedom et Friends : du fourrage, de la liberté de mouvement et des contacts avec d’autres chevaux. Ils permettent de résumer trois besoins fondamentaux du cheval.

Un cheval doit-il sortir tous les jours ?

Lorsque son état de santé le permet, des sorties quotidiennes en liberté permettent au cheval de marcher, d’explorer son environnement et d’avoir davantage de contacts sociaux. L’IFCE recommande des sorties extérieures quotidiennes conséquentes pour les chevaux hébergés au box.

Une heure de travail suffit-elle à un cheval vivant au box ?

Le travail ne remplace pas le mouvement libre. Lorsqu’il est dehors, le cheval choisit quand et où il se déplace. Ces déplacements se répartissent sur plusieurs heures au cours de la journée.

Combien de temps un cheval peut-il rester sans foin ?

Il est préférable d’éviter les longues périodes sans fourrage. Concernant les ulcères gastriques de la muqueuse squameuse, un intervalle supérieur à six heures entre les distributions de fourrage a été associé à davantage de lésions gastriques.

Les changements alimentaires augmentent-ils le risque de coliques ?

Plusieurs études ont retrouvé une association entre certains changements récents d’alimentation et une augmentation du risque de coliques. C’est pourquoi les changements de foin, la mise à l’herbe ou l’introduction d’un nouvel aliment doivent se faire progressivement.

 

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