La MICI chez le cheval

La MICI chez le cheval

Lorsqu’un cheval maigrit progressivement sans raison évidente, que son état général se dégrade malgré une alimentation qui semble correcte ou que des troubles digestifs s’installent dans la durée, la situation devient rapidement inquiétante pour les propriétaires. Ce tableau est souvent déroutant, car les signes restent discrets, fluctuants et parfois difficiles à interpréter.

Parmi les causes possibles figure une affection bien identifiée en médecine vétérinaire équine : la MICI, acronyme de Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin. Cette pathologie digestive concerne une inflammation persistante de la paroi intestinale, qui altère progressivement la capacité de l’intestin à assurer correctement son rôle.

Contrairement aux troubles digestifs fonctionnels ou passagers, la MICI équine correspond à une atteinte chronique et évolutive. Elle peut entraîner des répercussions importantes sur l’état général du cheval et nécessite une approche rigoureuse, tant sur le plan diagnostique que sur le suivi à long terme. Comprendre ce qu’est la MICI permet d’éviter certaines confusions, notamment avec des troubles comme le syndrome de Kotwasser, et d’orienter plus rapidement les chevaux concernés vers une prise en charge adaptée.

 

Qu’est-ce qu’une MICI chez le cheval ?

Chez le cheval, la MICI correspond à une inflammation qui s’installe durablement dans l’intestin. Cette inflammation touche la paroi intestinale, c’est-à-dire la zone chargée de digérer les aliments et surtout d’en absorber les nutriments essentiels. Lorsque cette paroi ne fonctionne plus correctement, le cheval assimile moins bien ce qu’il mange, même si la ration est de bonne qualité et correctement distribuée.

Il est important de comprendre que la MICI ne relève pas d’un simple dérèglement du transit. Il ne s’agit pas une diarrhée passagère ni d’un inconfort digestif temporaire. Il s’agit d’un problème structurel qui modifie le fonctionnement normal de l’intestin sur le long terme. C’est cette atteinte durable qui explique pourquoi certains chevaux continuent de perdre de l’état malgré des ajustements alimentaires répétés.

 

Les différentes formes de MICI équine

La MICI ne se présente pas de la même façon chez tous les chevaux. En pratique vétérinaire, plusieurs formes ont été décrites, même si ces distinctions ne sont pas toujours visibles pour le propriétaire. Elles reposent essentiellement sur la manière dont l’inflammation se manifeste au niveau de la paroi intestinale.

La forme la plus fréquemment rencontrée chez le cheval adulte correspond à une inflammation diffuse de l’intestin, touchant principalement l’intestin grêle. D’autres formes, plus rares, impliquent des réactions inflammatoires différentes, parfois associées à une sensibilité particulière de l’organisme ou à des mécanismes immunitaires spécifiques.

Pour le propriétaire d’équidé, l’essentiel à retenir est que toutes les formes de MICI ont un point commun : elles perturbent l’absorption des nutriments. Quelle que soit la forme précise, les conséquences cliniques restent similaires, avec une perte d’état progressive, une baisse de vitalité et parfois des troubles digestifs chroniques.

La MICI chez le cheval

Une perte d'état progressive, une baisse de forme et parfois des troubles digestifs chroniques sont les points communs de la MICI équine; Crédit photo Rico Van de Voorde pour Unsplash

Ce que l’inflammation change dans l’intestin

Lorsque l’inflammation s’installe dans l’intestin sur une longue période, son fonctionnement se dégrade progressivement. La paroi intestinale du cheval devient moins efficace pour assurer son rôle principal : absorber les nutriments issus de la digestion.

Concrètement, cela signifie que les protéines, les graisses, les vitamines et certains minéraux contenus dans la ration ne sont plus utilisés correctement par l’organisme. Dans certains cas, l’intestin laisse également passer des protéines vers l’extérieur, ce qui entraîne une baisse de certaines valeurs sanguines essentielles au maintien de l’équilibre de l’organisme.

Ces mécanismes expliquent pourquoi un cheval peut présenter des signes visibles, comme un amaigrissement progressif ou l’apparition de gonflements sous le ventre ou au niveau du poitrail, même si son alimentation n’a pas changé. Ce décalage entre la ration distribuée et l’état du cheval est souvent un élément d’alerte important.

 

MICI, microbiote et alimentation : un fragile équilibre

L’intestin du cheval abrite une population extrêmement riche de micro-organismes, appelée microbiote intestinal. Le microbiote du cheval joue un rôle essentiel dans la digestion des fibres et dans le maintien de l’équilibre digestif. Chez un cheval en bonne santé, ce microbiote participe activement à la transformation des aliments et contribue à la protection de la muqueuse intestinale et donc à sa bonne santé.

Lorsque l’intestin est fragilisé par une inflammation chronique, comme dans le cadre d’une MICI, cet équilibre peut être perturbé. L’alimentation prend alors une importance particulière. Une ration pauvre en fibres, trop riche en amidon, ou modifiée de façon brutale peut accentuer les déséquilibres digestifs et compliquer la gestion de la maladie.

Sans être à l’origine directe de la MICI, l’alimentation influence donc fortement le confort digestif du cheval et sa capacité à maintenir un état corporel correct. Une ration régulière, adaptée, basée sur des fibres de qualité et distribuée de manière cohérente, constitue un pilier fondamental de l’accompagnement des chevaux atteints de troubles digestifs chroniques.

Une évolution souvent lente et trompeuse

La MICI équine évolue généralement de manière progressive. Les premiers signes peuvent être très discrets et s’installer sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Cette évolution lente explique pourquoi le diagnostic est parfois posé tardivement.

Parmi les signes les plus fréquemment observés figurent une perte d’état progressive, une baisse d’énergie, une diminution de la masse musculaire et des coliques modérées mais répétées. Certains chevaux présentent également des troubles digestifs chroniques, comme des diarrhées intermittentes.

Il est important de souligner que l’absence de diarrhée n’exclut pas une MICI. De nombreux chevaux atteints conservent des crottins d’aspect normal pendant une partie de l’évolution de la maladie. Le poil peut devenir terne, la mue se faire difficilement, et des œdèmes peuvent apparaître lorsque les pertes protéiques deviennent importantes.

 

MICI et Kotwasser : deux pathologies à ne pas confondre

Le syndrome de Kotwasser se caractérise par un écoulement de liquide fécal lorsque le cheval émet ses crottins pourtant bien moulés. Il s’agit d’un trouble fonctionnel, souvent lié à un déséquilibre du transit, de l’alimentation, du microbiote intestinal et même au stress.

La MICI, en revanche, correspond à une inflammation chronique de la paroi intestinale. Un cheval atteint de MICI peut présenter du Kotwasser, mais la grande majorité des chevaux souffrant uniquement de Kotwasser ne sont pas atteints de MICI. Faire cette distinction est essentiel pour éviter des traitements inadaptés et des inquiétudes inutiles.

 

Le diagnostic de la MICI

Le diagnostic de la MICI repose sur une démarche progressive et méthodique. Le vétérinaire commence par un examen clinique complet et par l’analyse de l’historique du cheval, en tenant compte de l’évolution de son état général, de son alimentation et de son mode de vie.

Les analyses sanguines jouent un rôle clé. Elles mettent fréquemment en évidence une baisse des protéines sanguines, notamment de l’albumine. L’échographie abdominale permet parfois d’observer un épaississement de certaines portions de l’intestin.

Il est également indispensable d’exclure d’autres causes de perte d’état chronique, comme le parasitisme ou certaines infections comme les maladies transmises par les tiques.  Notons que la confirmation du diagnostic repose souvent sur la réalisation de biopsies intestinales, le plus souvent rectales.

 

Prise en charge et suivi du cheval atteint de MICI

À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement permettant de guérir définitivement une MICI équine. La prise en charge vise avant tout à limiter l’inflammation, à soutenir la fonction digestive et à maintenir un état général satisfaisant.

Le traitement repose le plus souvent sur l’utilisation de médicaments anti-inflammatoires prescrits et suivis par le vétérinaire. L’alimentation joue également un rôle central. Elle doit être adaptée individuellement, privilégier des aliments très digestibles, riches en fibres de qualité, et limiter les excès d’amidon.

Un suivi régulier est indispensable pour ajuster la prise en charge en fonction de l’évolution clinique du cheval.

MICI chez le cheval
L'alimentation du cheval atteint de MICI doit contenir un maximum de fibres de très bonne qualité. Crédit photo Konrad Koller pour Unsplash.

Le pronostic

Le pronostic dépend de nombreux facteurs, notamment de la forme de MICI, de l’ancienneté des signes cliniques et de la réponse au traitement. Certains chevaux peuvent être stabilisés durablement et conserver une bonne qualité de vie, tandis que d’autres évoluent plus défavorablement malgré une prise en charge adaptée.

La précocité du diagnostic reste un élément déterminant pour améliorer les chances de stabilisation de la MICI équine. Il est important de savoir que l’espérance de vie d’un cheval atteint de MICI bien gérée et suivie reste identique à celle des autres chevaux.

Foire aux questions MICI du cheval

  • La MICI est-elle fréquente chez le cheval ?

Elle est considérée comme peu fréquente, mais probablement sous-diagnostiquée en raison de signes cliniques discrets et non spécifiques.

  • Un cheval atteint de MICI peut-il avoir des crottins normaux ?

Oui car l’absence de diarrhée n’exclut pas une MICI.

  • La MICI peut-elle être confondue avec le Kotwasser ?

Oui, mais le Kotwasser isolé ne correspond pas à une MICI.

Anticiper pour mieux protéger son cheval

La MICI équine rappelle à quel point certains troubles digestifs peuvent évoluer de manière silencieuse, tout en entraînant des conséquences importantes sur la santé et le bien-être du cheval. Une perte d’état progressive, des troubles digestifs chroniques ou une baisse inexpliquée de forme ne doivent jamais être banalisés. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les chances de stabilisation et de confort à long terme sont élevées.

Face à ce type de pathologie chronique, la prise en charge vétérinaire peut s’inscrire dans la durée et nécessiter des examens approfondis, un suivi régulier et parfois des traitements prolongés. Tout cela représente un investissement financier non négligeable pour les propriétaires de chevaux.

Souscrire une assurance santé pour son cheval permet alors d’aborder ces situations avec davantage de sérénité. Elle facilite l’accès aux examens nécessaires, limite le renoncement aux soins et permet de prendre des décisions médicales guidées avant tout par l’intérêt du cheval, et non par des contraintes économiques.

Chez Hipassur, nous savons qu’anticiper, s’informer et protéger son cheval, c’est aussi reconnaître que sa santé mérite une approche globale et responsable pour l’accompagner tout au long de sa vie. Nos différentes formules d’assurance santé chevaux sont adaptées à vos besoins, à vos priorités et à votre budget.

Notre équipe de conseillers est entièrement composée de cavaliers et propriétaires de chevaux qui comprennent vos attentes et savent y répondre.

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